La plupart des déclarations EGAlim non conformes ne le sont pas parce que l'établissement achète mal. Elles le sont parce que le calcul est faux. Voici les sept erreurs que l'on retrouve le plus souvent, et ce que dit réellement la règle dans chaque cas.
1Additionner les 50 % et les 20 %
« Il me faut 50 % de produits durables, plus 20 % de bio : donc 70 % de mes achats doivent être labellisés. »
Les deux seuils s'emboîtent. Les 20 % de bio sont compris dans les 50 % de durables. Un euro d'achat bio alimente les deux numérateurs à la fois. Un établissement à 50 % de durables dont 20 % de bio est intégralement conforme — il n'a pas 70 % à atteindre.
2Calculer en volume plutôt qu'en valeur
« Sur mes commandes, un tiers des tonnages est bio : je suis donc à 33 %. »
La loi raisonne en valeur d'achat hors taxes, jamais en poids ni en nombre de portions. Comme le bio est généralement plus cher au kilo, un calcul en volume sous-estime presque toujours le taux réel. L'inverse existe aussi : des achats conventionnels à bas prix et en gros volume font chuter un taux calculé en tonnage alors que le taux en valeur est bon.
3Déclarer des montants TTC
« J'ai repris le total de chaque facture, en bas à droite. »
Le total en bas à droite d'une facture est le TTC. Les seuils EGAlim se calculent sur le HT. L'erreur est rarement neutre : les denrées alimentaires relèvent de taux de TVA différents (5,5 %, 10 %, 20 % selon les produits et le mode de consommation), donc passer du TTC au HT ne se fait pas en divisant tout par un coefficient unique. Il faut la ligne HT.
4Prendre une allégation commerciale pour un label
« Mon fournisseur écrit “produit fermier de nos terroirs” et “respectueux de l'environnement” : ça compte. »
Seuls les signes officiels et les mentions valorisantes reconnus par l'État sont éligibles. Un argument marketing n'en est pas un. En cas de contrôle, c'est le certificat ou la mention portée sur la facture qui fait foi, pas le vocabulaire du catalogue. Dans le doute, demandez le justificatif à votre fournisseur — c'est aussi ce qu'un contrôle de la DDPP vous demandera.
5Mettre tous les achats dans la base de calcul
« J'ai pris le total de mon budget restauration. »
La base, ce sont les achats de denrées alimentaires et de boissons. En sont exclus le personnel, l'énergie, les produits d'entretien, les contenants et la vaisselle, le petit équipement. Gonfler le dénominateur avec ces postes fait mécaniquement baisser vos taux : beaucoup d'établissements se croient non conformes pour cette seule raison.
6Calculer l'origine France sur l'ensemble des achats
« Mon taux d'origine France, c'est la part de produits français dans tout ce que j'achète. »
La plateforme ma-cantine ne prévoit ce critère que pour deux familles : les viandes et volailles, et les produits de la mer et de l'aquaculture. Le ratio se calcule donc sur ces familles seules, au numérateur comme au dénominateur. Compter un laitage français dans ce taux produit un chiffre qui n'est de toute façon pas déclarable.
7Attendre le mois de mars pour tout consolider
« Je m'y mettrai à l'ouverture de la campagne, j'ai jusqu'au 31 mars. »
Reprendre douze mois de factures en une fois représente plusieurs jours de travail, et surtout il est alors trop tard pour agir : l'exercice est clos, les taux sont ce qu'ils sont. Un suivi en cours d'année a une autre vertu que le confort — il laisse le temps de corriger la trajectoire avant que l'année ne soit terminée.
La huitième erreur n'existe pas encore — mais elle arrive
La loi n° 2026-796 du 18 août 2026 ajoute un palier de 30 % à l'intérieur des 50 %, qui portera sur les achats de 2027. Il ne retient qu'une partie des labels éligibles aux 50 % : le bio, les signes de qualité, la HVE et la mention fermier.
L'erreur à venir est donc prévisible : un établissement qui atteint ses 50 % en s'appuyant largement sur l'écolabel pêche, le commerce équitable ou les produits de montagne peut être parfaitement conforme aujourd'hui et très en dessous du palier. Ces familles comptent dans les 50 %, pas dans les 30 %.
Trois vérifications avant de déclarer
Mon dénominateur ne contient que des denrées et des boissons, et il est en HT.
Mon taux de bio est inférieur ou égal à mon taux de durable — sinon l'un des deux est faux, puisque le bio est inclus dans le durable.
Chaque ligne que je compte comme durable correspond à un signe officiel que je peux justifier.
La deuxième vérification attrape à elle seule une bonne part des erreurs de saisie : si votre taux de bio dépasse votre taux de durable, c'est que le bio a été oublié dans le total des produits durables.
Vérifier vos taux en quelques minutes
Le calculateur EGAlim gratuit applique la bonne base et les bons emboîtements : vous saisissez vos achats totaux HT, votre bio et vos autres durables, il affiche vos taux et l'écart aux objectifs, en points et en euros.
Questions fréquentes
Que risque-t-on en cas de déclaration erronée ?
La déclaration elle-même n'est pas sanctionnée par une amende automatique. Les contrôles de la DDPP portent sur la cohérence entre ce que vous déclarez et vos factures. En cas d'écart, la suite est graduée : mise en demeure de se conformer dans un délai fixé, demandes de justificatifs renforcées, et obligation de publier le non-respect des objectifs. L'enjeu principal d'un calcul faux reste de piloter à l'aveugle toute l'année.
Peut-on corriger une déclaration déjà envoyée ?
Oui. Une période de correction est ouverte sur ma-cantine après la clôture du 31 mars, en avril, pendant environ deux semaines. Elle permet de reprendre une déclaration déjà déposée. Vérifiez les dates exactes sur la plateforme, elles sont publiées chaque année.
Les boissons alcoolisées entrent-elles dans la base de calcul ?
Non. La base porte sur les denrées alimentaires et les boissons non alcoolisées. Si votre établissement achète des boissons alcoolisées, elles sortent du dénominateur comme du numérateur.
Un produit bio et Label Rouge se compte-t-il deux fois ?
Non. Le montant n'est compté qu'une fois dans la valeur totale. Il est rattaché à la catégorie bio, qui alimente déjà le seuil de 20 % et le seuil de 50 %. C'est un même euro qui alimente plusieurs numérateurs, jamais un montant compté deux fois.
Faut-il déclarer si l'établissement n'atteint pas les seuils ?
Oui. La télédéclaration est obligatoire indépendamment du résultat. Ne pas déclarer est un manquement distinct du fait de ne pas atteindre les objectifs, et c'est le plus simple à constater pour l'administration.
En résumé
Sept erreurs, et une seule racine commune : le calcul EGAlim se fait en valeur HT, sur les denrées seules, avec des seuils qui s'emboîtent au lieu de s'additionner. Les établissements qui se croient très loin du compte découvrent souvent, une fois le calcul repris, qu'ils en sont nettement plus près.
TrackAlim applique ces règles à chaque facture importée : la base est constituée automatiquement, les labels sont détectés ligne à ligne et les taux se recalculent à chaque dépôt. Essayer gratuitement, sans carte bancaire.